Il a plusieurs fois produit des films tirés de romans, comme La Nuit Bengali, écrit par Mircea Eliade et réalisé en 1988 par Nicolas Klotz, avec Hugh Grant comme personnage principal. Cette fois, Philippe Diaz lance sa maison d’édition, en rentrant en France après plus de 30 années passées aux États-Unis.
« Il n’y a plus, aux États-Unis, de liberté artistique, de la presse, de la parole… Les gens ont peur de sortir de chez eux, d’être embarqués par Ice, la politique anti-immigration, qui vous emmène au poste et décide de vous garder ou non, même si vous êtes régularisé », justifie celui qui a distribué plus de 250 films sociopolitiques via sa société Cinema Libre Studio, basée à Los Angeles. Beth Portello, qui a précédemment œuvré au marketing d’Adidas, reste sa partenaire pour ce projet qu’il voulait réaliser de longue date.
Histoire, anthropologie, géopolitique…
Comme ses films, les livres qu’il éditera dans sa maison indépendante justement baptisée La Dissidence, se veulent « engagés ».
Essais et témoignages sur l’histoire, l’écologie, la théorie critique et culturelle… « Notre but est de faire réfléchir, de penser différemment. On nous apprend toujours la même histoire depuis qu’on est à l’école, et une fois adulte on se rend compte que ce n'est pas tout à fait la vérité, et que si on avait su on aurait fait différemment », explique-t-il encore à Livres hebdo, donnant un exemple en anthropologie : « L’école nous apprend que nos ancêtres étaient chasseurs-cueilleurs, puis qu’ils se sont sédentarisés, ont créé des villes puis des États… Ce n’est pas tout à fait vrai ! »
Œuvres originales ou adaptations
Le premier livre, qui sortira le 22 avril, pour les 40 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, s’intitule ainsi Dans les coulisses de Tchernobyl – Mensonges et Dissimulations des Nucléocrates, de l’ingénieur Yves Lenoir. Le suivant, Témoins du Génocide à Gaza, paraîtra le 26 mai. Il a été acheté à l'éditeur américain Street Noise Books, et traduit en français les textes du chercheur américain Khaled A. Beydoun, mis en écho avec des dessins du caricaturiste palestinien Mohammad Sabaaneh.
Le rythme de publication sera d’un livre par mois, avec des premiers tirages compris entre 500 et 1 000 exemplaires. Le distributeur de La Dissidence est Pollen Diffusion-Distribution. Et l’épicentre de la maison : à Uzès, ville de cœur de Philippe Diaz. Qui n’en a pas fini avec les États-Unis (où il souhaite faire diffuser ses livres une fois traduits), ni avec les films documentaires. « Le cinéma bénéficie énormément du travail qu’a fait l’auteur d’un livre », confie auteur-scénariste en guise de conclusion.
