La nouvelle est tombée sur Instagram. « Ce n’est malheureusement pas très original par les temps qui courent, mais La Cerise se retrouve à son tour dans une situation financière critique ». Entre contexte sectoriel difficile, litige juridique avec un imprimeur et fragilités structurelles, l’équilibre économique de La Cerise, modeste structure éditoriale consacrée à la BD, est aujourd’hui mis à l’épreuve.
Pour son fondateur, Guillaume Trouillard, contacté par Livres Hebdo, ce constat s’inscrit d’abord dans un contexte plus large de fragilisation du secteur : « On était déjà dans une situation tendue comme à peu près tout le milieu du livre. Le moindre écart peut être fatal. »
Mais un événement a accéléré la crise : l’annulation du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, un rendez-vous clé pour la structure. « On savait que cela pèserait. Le festival représente habituellement un cinquième de notre chiffre d’affaires », confie l’éditeur.
Un litige qui pèse sur la trésorerie
Si cette situation aurait pu être contenue, un autre rebondissement est venu fragiliser la maison d’édition. Guillaume Trouillard évoque un litige remontant à plusieurs années avec un imprimeur, consécutif à un changement de prestataire dans un contexte de hausse des coûts de production : « On a choisi un prestataire avec qui nous n'avions jamais travaillé, c’était une erreur », regrette-t-il.
L’affaire, ayant tourné au contentieux judiciaire, a vu son verdict rendu il y a un mois, avec des conséquences financières difficiles à absorber pour une structure de petite taille : « Les intérêts sont tombés et les barèmes sont énormes pour une activité comme la nôtre ».
Cette charge financière intervient au pire moment, alors que plusieurs projets importants mobilisent la trésorerie, explique l'éditeur : « Nous sommes en plein bouclage de l’édition francophone de Garden of Spheres de Linnea Sterte, un livre qui implique des tirages plus importants que d’habitude… Le timing n’est vraiment pas bon. »
Des ébauches de solutions
Pour pallier ces difficultés, plusieurs solutions sont envisagées. Guillaume Trouillard évoque notamment des apports personnels et des prêts de soutien : « En tant que président fondateur, je vais injecter de l’argent personnel. » Une campagne HelloAsso, lancée il y a plusieurs années pour d’autres raisons, sera relancée à cette occasion.
Face à cette situation, Guillaume Trouillard insiste sur la continuité du projet éditorial : « Hors de question de prendre une décision qui mettrait à l’arrêt l’activité. Toutes les séries, tous les projets avec les auteurs, il y a une forme de devoir de notre part. »
