L'aventurière. « Quand on n'a pas le sou, il faut être soit marin soit journaliste pour voyager », disait Albert Londres. Si, à 12 ans, Andrée Viollis (1870-1950) se rêve en matelot de pont, la voici en 1926 en une d'un grand quotidien aux côtés de son illustre confrère. Pionnière du grand reportage, Andrée Viollis est, dans l'entre-deux-guerres, aussi célèbre que le prince des reporters, avant que son nom ne tombe injustement dans l'oubli. Journaliste et réalisatrice, Dorothée Lépine nous entraîne dans le sillage d'une femme qui n'aura pas attendu d'obtenir le droit de vote pour conquérir son indépendance. Ses pairs rendent bientôt hommage à celle qui, d'abord moquée, « avait la vocation », comme le reconnaît Londres. « Nous la vîmes en Irlande, à Londres, à Rome. Elle circulait comme un seul homme dans les rues en révolution. Allions-nous chez un président de la République ? Nous la trouvions déjà assise dans un fauteuil, en face de lui. » Forgeant ses premières armes avec l'affaire Dreyfus, Andrée Viollis sera de tous les conflits. En 1929, elle survole, pour rallier Kaboul, les hauts plateaux de l'Himalaya dans un coucou. En 1930, elle contracte en Chine une peste pulmonaire dont elle se remet miraculeusement. « Quand Albert Londres s'avoue fatigué de barouder, Andrée rajeunit presque », pointe Dorothée Lépine dans cette biographie qui, en plus d'inscrire l'éblouissante carrière d'Andrée Viollis dans son époque, souligne ses qualités humaines. Son collègue André Labarthe disait d'elle : « Son seul bagage était son cœur. » Le nôtre, la dernière page tournée, lui est tout acquis.
Andrée Viollis. L'aventure du grand reportage
Flammarion
Tirage: 4 000 ex.
Prix: 22 € ; 320 p.
ISBN: 9782080471659
