Les masques et la plume. C'est l'histoire d'un kiosquier, dont on ne saura jamais le nom, qui se pique d'écriture. Toute ressemblance avec un certain Jean Rouaud ne saurait être que fortuite. Mais le protagoniste d'Un beau poison de Dominique Pascaud n'a pas la même veine que l'auteur des Champs d'honneur. Il végète, jusqu'au jour où il se retrouve dans son lit, nu comme un ver, avec une superbe jeune femme dont il ignore tout et qui restera chez lui plus d'une semaine. Outre sa beauté, c'est une formidable lectrice. Elle a lu ses pages et l'aide à les améliorer. Puis elle disparaît. Déprimé, picolant, il finit par passer son manuscrit à un écrivain connu de ses clients. Lequel l'emporte à contrecœur. Et puis un jour, dans une librairie, il voit son texte, à peine remanié, publié sous le nom d'un jeune auteur. Succès. Le coupable est forcément l'écrivain, qui a imaginé ce stratagème, l'assume cyniquement et finit par obtenir ce qu'il voulait : l'ancien kiosquier fournit durant plusieurs années le pseudo-auteur en romans de son cru, tous des best-sellers. Il est rémunéré pour ça, à condition de rester dans l'ombre. Il rencontre également une autre jeune femme formidable, qu'il épouse et qui lui donne un fils... démangé par l'écriture. Tout ceci pourrait durer, si un événement imprévu ne venait faire exploser cet équilibre baroque.
Difficile à synthétiser, jubilatoire, ce deuxième roman de Dominique Pascaud peut se lire comme une parabole, un chant d'amour à l'écriture et à la littérature, dont les voies, comme celles de Dieu, sont impénétrables.
Un beau poison
Le Dilettante
Tirage: 2 000 ex.
Prix: 19 € ; 192 p.
ISBN: 9791030801927
