Professeur de sociologie à Rabat, militante des droits de l’homme, Fatima Mernissi refusait le piège d’une prétendue incompatibilité entre islam et démocratie. Elle avait notamment dirigé aux éditions Le Fennec des collections favorisant l'expression des courants les plus démocrates de la société civile marocaine. En 2003, elle avait reçu le prix Prince des Asturies conjointement avec l'Américaine Susan Sontag.
"Pourquoi le monde arabo-musulman a-t-il tant de mal à apprivoiser des acquis démocratiques comme l’égalité statutaire des individus, la reconnaissance du pluralisme, et la liberté de conscience ?", se demandait notamment Fatima Mernissi, publiée pour l’essentiel chez Albin Michel.
Outre Sexe, idéologie, islam, son œuvre la plus lue, elle a publié notamment Islam et démocratie (Albin Michel) et Le Harem politique (Albin Michel), dans lequel elle s’interrogeait sur la place des femmes en terre d’islam en faisant remarquer qu’au VIIIe siècle "les épouses du Prophète discutaient politique et allaient à la guerre".
"Lorsque naît l’islam en 622, l’intention du Prophète est d’instaurer une communauté religieuse et démocratique où hommes et femmes discuteront les lois de la cité. A partir d’un tel projet, quels méandres ont mené jusqu’à cette figure prégnante de la femme voilée, mise à l’écart de la vie politique, confinée dans l’espace privé au nom de la foi religieuse ?", demandait Fatima Mernissi.
Son compatriote, l'écrivain Abdellah Taia, a réagi, sur sa page Facebook.
Une pensée très tendre pour l'âme de la grande écrivaine et sociologue marocaine Fatima Mernissi. Elle est décédée...
Posted by Abdellah Taïa on Monday, November 30, 2015
