Ambitions réduites de la Roumanie au Salon du livre de Paris 2013?

Ambitions réduites de la Roumanie au Salon du livre de Paris 2013?

Le gouvernement vient de réduire de 30% le budget de l'Institut culturel roumain (ICR), en charge de l'organisation de la présence roumaine au Salon du livre.

Par Vincy Thomas
avec vt et afp Créé le 15.04.2015 à 19h12

La Roumanie risque d'être contrainte de revoir à la baisse ses ambitions pour le Salon du Livre de Paris en 2013 dont elle sera l'invitée d'honneur après la décision du gouvernement de réduire de 30% le budget de l'Institut culturel roumain (ICR), a dénoncé ce dernier lundi. Pour l'instant, le Salon du livre de Paris n'a pas souhaité réagir.

"Nous sommes dans une situation désastreuse. La présence comme invitée d'honneur au Salon du livre de Paris est une chance historique pour la Roumanie qui a toujours eu une grande admiration pour la France, une grande proximité avec sa culture mais nous risquons de la rater à cause de cette réduction du budget", a déclaré à l'AFP Dan Croitoru, secrétaire général de l'ICR.

Le gouvernement du Premier ministre social-démocrate Victor Ponta a décidé par surprise la semaine dernière, lors d'une rectification budgétaire, de réduire de 30% le budget de l'Institut culturel qui est chargé de promouvoir les artistes roumains à l'étranger et pilote l'organisation de la présence roumaine au Salon du livre. Cette Institution lutte pour son indépendance depuis le printemps (voir actualité du 5 juillet). La direction a démissionné début août (voir actualité du 2 août) afin de dénoncer la volonté du gouvernement de se servir de cette dernière "comme instrument de propagande" nationaliste.

Interrogé par l'AFP sur les raisons de ces coupes, le ministère des Finances n'avait pas réagi en milieu d'après-midi. L'Institut se retrouve donc avec un budget pour finir l'année inférieur à ses engagements et ne peut plus entre autres attribuer de nouvelles bourses pour promouvoir la traduction d'auteurs roumains en français, selon M. Croitoru.

"Nous ne pouvons plus rien signer alors que des évenements culturels comme le Salon du Livre se préparent des mois à l'avance", a-t-il déploré.

Contexte politique ubuesque

Le gouvernement de M. Ponta a changé par décret en juin, contre l'avis de milliers d'artistes en Roumanie et à l'étranger dont plusieurs Prix Nobel, le statut et la mission de l'ICR qui était auparavant placé sous la tutelle symbolique de son rival, le président Traian Basescu, aujourd'hui rétabli dans ses fonctions après l'invalidation par la Cour constitutionnelle du référendeum convoqué par la majorité gouvernementale cet été.

Par ailleurs, la Coalition pour un secteur culturel indépendant a lancé un "signal d'alarme" face aux plans du gouvernement de supprimer le financement du Fonds culturel national (AFCN) par un prélèvement de 2% sur les gains de la Loterie nationale.

Le Fonds qui finance des projets dans des musées, des festivals, des créations de danse et de théâtre, risque de voir son budget amputé de "90 à 95%" selon la Coalition.

"On laisse la culture mourir en Roumanie", a déploré cette organisation.
15.04 2015

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