Perdus dans l'espace. Rejeton d'une famille de voyous, l'aspirant Ravi McLeod suit assidûment ses cours pour devenir officier ingénieur, s'appliquant à faire oublier la mauvaise réputation qui lui colle à la peau. Il étudie la photosynthèse et tout ce qui permettra à un groupe d'humains réunis dans un vaisseau spatial, l'Archimède, de bâtir une nouvelle société, une fois sur le sol de leur terre promise, leur Monde-Cible. Il arpente les entrailles du véhicule avec sa cousine Boz, qui explore tous les recoins cachés de l'engin grâce à un robot doté d'une IA qu'elle a fabriqué en cachette. Elle risque, si elle est arrêtée, de devenir un poids mort et d'être « compostée » - la sanction depuis que des IA ont causé la perte de la planète Terre en y générant des conflits. Ravi la suit partout, entre les roues géantes qui servent d'habitat aux passagers, jusque dans les salles des machines, traversant en apesanteur des cimetières où flottent les squelettes de ses ancêtres. En effet, l'Archimède a quitté la terre il y a 132 ans avec deux autres vaisseaux, le Chandrasekhar et le Bohr. Un autre, le Newton, aurait peut-être fait partie de la flotte mais, curieusement, son nom a été effacé de la mémoire collective et des archives... Ravi attend impatiemment le grand jour, celui de l'« inversion », où l'Archimède descendra vers la planète d'accueil. Sofia, son amie, est plus réservée : « Les planètes ne sont pas des vaisseaux, elles te chamboulent foutaisement la tête. Nous finirons comme sur le Monde Originel, avec des meurtres, des délits et tout le monde qui ne se préoccupe plus que de sa petite personne. [...] C'est le vaisseau qui fait ressortir le meilleur de nous-mêmes. » Les mystères se multiplient, comme l'apparition, dans les travées du vaisseau, d'une jeune fille fantomatique qui demande de l'aide à Ravi, et qui n'apparaît pas sur les enregistrements vidéo...
Le thème des survivants humains en fuite dans l'espace et coupés de la Terre est un genre de la SF à part entière, particulièrement troublant ici puisque cette histoire semble célébrer l'errance comme seule issue à l'âpreté de la condition humaine. L'auteur écossais Adam Oyebanji, qui travaille par ailleurs comme avocat spécialisé dans le financement de la lutte contre le terrorisme, œuvre entre le polar et la SF. Inversion est son premier roman- il en a depuis écrit trois autres, encore inédits en français. Les amateurs de space opera autant que de romans de flibuste verront dans ce livre fascinant un véritable et original phénomène littéraire.
Inversion
Actes Sud
Traduit de l'anglais par Thierry Arson
Tirage: 2 800 ex.
Prix: 24 € ; 480 p.
ISBN: 9782330219307
