Mardi 29 janvier, des centaines de manifestants s'étaient rassemblés devant le siège du principal actionnaire de Virgin, Butler Capital Partners (BCP), et une délégation de responsables syndicaux et de salariés avait été reçue par Walter Butler, le patron de ce fonds d'investissement. (lire
notre actualité). L'enseigne a été placée le 14 janvier dernier en redressement judiciaire, assorti d'une période d'observation de quatre mois.
Pour rendre compte de cette rencontre, le groupe BCP publie ce mercredi 30 janvier un communiqué dans lequel un porte-parole rapporte les déclarations de Walter Butler. Ce dernier a rappelé aux représentants du personnel que son fonds avait consacré 50 millions d'euros au redressement de l'entreprise. L'entrepreneur s'est défendu de toute inertie, citant les « nouvelles orientations stratégiques » opérées sous sa direction : «
développement de l¹'offre de produits techniques, mise en place d'une logistique centralisée, plans de formation, développement de la plate-forme VirginMega, ouverture de nouveaux magasins ».
« A l'écoute des salariés »Walter Butler a affirmé que malgré ces investissements et ces réformes, «
Virgin n'a malheureusement pas pu trouver le chemin de la profitabilité ». Il a fait alors un parallèle avec la situation d'autres acteurs du secteur culturel : «
faillite de Borders aux Etats-Unis et fermeture des Virgin USA et Angleterre il y a plusieurs années, dépôt de bilan récente de HMV, enseigne emblématique du disque en Angleterre ».
L'investisseur a continué en soulignant le contexte de «
crise » du secteur culturel, «
avec les trois piliers du marché des produits culturels, la musique, la vidéo et maintenant le livre, en baisse structurelle, à deux chiffres pour le CD et le DVD. » Il a aussi mis en avant la concurrence d'Internet et du digital, «
dominés par des acteurs mondiaux bien plus puissants que Virgin ».
Le patron de BCP s'est toutefois voulu rassurant, promettant que son fond «
jouerait son rôle d'actionnaires pleinement en facilitant la recherche de solutions de reprises » et arguant que «
l'entreprise disposait d'une trésorerie de 35 millions d'euros ainsi que de nombreux actifs de valeur ». Il a conclu en se disant «
impliqué dans la recherche de solutions et à l'écoute des salariés. » Une bonne volonté que n'a pas ressenti Sylvain Alias (SUD), pour qui l'actionnaire ne s'est «
engagé sur rien » et notamment pas sur la possibilité «
d'abonder à un plan de sauvegarde de l'emploi », si nécessaire.