Après une année 2024 particulièrement éprouvante pour le réseau des librairies indépendantes, 2025 aura finalement montré des signes de « légère résilience ». C’est en tout cas le constat dressé par le Syndicat de la librairie française (SLF) qui, en s’appuyant sur les données de l’Observatoire de la librairie que Livres Hebdo a pu consulter et sur un panel de plus de 500 structures adhérentes, fait état de « résultats contrastés » pour les ventes en librairies sur l’ensemble de l’année.
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Le SLF constate que, si les deux premiers trimestres de l’année 2025 ont été économiquement tendus, la période cruciale des fêtes de fin d’année a finalement permis de corriger, en partie, la trajectoire. Il évoque ainsi un « effet de rattrapage » porté par un mois de décembre particulièrement dynamique, avec un chiffre d’affaires global (livres et hors-livres) en progression de 0,9 % par rapport à 2024 (+0,6 % pour les seuls livres).
Grâce au regain d’activité de fin d’année, l’exercice se conclut néanmoins sur des hausses significatives : +3,4 % en décembre pour le chiffre d’affaires livre uniquement et +5,4 % pour le hors-livre.
Une stabilité relative
Pour autant, ce bilan globalement positif mérite d’être nuancé. Comme le rappelait Guillaume Husson, délégué général du SLF, interrogé en début de semaine par Livres Hebdo, ces résultats masquent en réalité « des résultats contrastés », puisque près du tiers des librairies du panel ont vu leur chiffre d’affaires, sur le livre, reculer de 5 % ou plus sur l’année.
Un point de nuance auquel s’ajoute une autre problématique : un recul de 0,5 %, du volume des ventes de titres. Autrement dit, la relative stabilité économique du secteur repose en partie sur la revalorisation des prix opérée par les éditeurs (+1,1 % en moyenne, et + 2,2 % pour le poche).
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Autre facteur de soutien : la bonne tenue des ventes aux collectivités, en hausse de 4,9 % au global et de 5,1 % sur le livre. Le SLF souligne en particulier la performance des manuels scolaires « qui ont connu une année florissante grâce aux nouveaux programmes » (+26 % des ventes aux collectivités). Si bien qu’en 2025, ces ventes ont représenté 17,2 % du chiffre d’affaires livre, contre 16,4 % l’an passé. Les produits hors-livres confirment également leur rôle stabilisateur. En progression de +1,9 %, ils pèsent en moyenne 11,1 % du chiffre d’affaires global des librairies interrogées.
Quels segments et auteurs porteurs ?
« À l’issue de 2025, l’inquiétude demeure pour les plus petites librairies »
Mais la moyenne nationale des ventes en librairies masque également de fortes disparités territoriales. Les librairies implantées dans des communes de moins de 10 000 habitants enregistrent ainsi une hausse moyenne de leur chiffre d’affaires de 2 % (+1,3 % pour le livre). Un niveau comparable à celui observé dans l’agglomération parisienne (+2,8 % et +2,6 % pour le livre). À l’inverse, les librairies situées dans les villes moyennes, entre 50 000 et 200 000 habitants, subissent un recul de -1,2 % (-1,8 % pour le livre).
« À l’issue de 2025, l’inquiétude demeure pour les plus petites librairies », ajoute le syndicat, en référence aux structures dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 300 000 euros. Celles-ci clôturent l’année avec une baisse moyenne de -2,5 % (-3,3 % pour le livre). Un chiffre qui cache une réalité douloureuse, puisque, dans le détail, un quart d’entre elles accuse un recul supérieur à -10 %.
