Les éditeurs étoffent leur offre de codes non officiels. Autrement appelés « codes éditeurs », ces titres ne font pas l'objet d'une numérotation telle qu'elle est proposée dans les codes officiels - les plus fameux d'entre eux étant les cinq codes napoléoniens (civil, procédure civile, pénal, procédure pénale et commerce). Ils rassemblent au contraire des textes épars relatifs à la même matière, qu'ils compilent et ordonnent pour offrir un état du droit le plus exhaustif possible. Alors que LexisNexis avait déjà publié un Code du numérique en 2021, Dalloz vient de faire paraître début juin la première édition d'un Code de la cybersécurité. « Avec ce type de proposition, nous devançons le marché sur des sujets en devenir comme nous l'avons déjà fait il y a quatre ans avec le Code de la protection des données personnelles ou il y a deux ans avec le Code de la compliance, décrypte Éric Chevrier, directeur éditorial des codes Dalloz. L'objectif est aussi de toucher des publics plus étendus que celui des seuls juristes traditionnels. » Le succès est souvent au rendez-vous : LexisNexis indique avoir vendu plus de 1 000 exemplaires du Code du numérique, « un très bon niveau de vente pour un ouvrage de ce genre », selon Chrystel Faure, directrice de la rédaction textes, codes et ouvrages, et prépare déjà une 2e édition annoncée pour la rentrée.
Ces initiatives éditoriales trouvent même parfois leur aboutissement dans la décision du législateur de codifier la matière : après vingt éditions du Code de la fonction publique, qui compilait l'ensemble des textes réglementaires et législatifs du domaine, Dalloz vient de publier, fin mars, la première édition officielle du Code général de la fonction publique. L'ouvrage était quasiment en rupture trois semaines après sa parution.
Les éditeurs mettent aussi leurs pas dans ceux du législateur qui a, par exemple, créé l'an dernier un Code de la justice pénale des mineurs. Paru chez Dalloz en septembre 2021 et victime de son succès, le titre a dû être réimprimé deux fois. Au premier semestre toujours chez Dalloz, la création d'un Code pénitentiaire, issu de la loi pour la confiance dans l'institution judiciaire du 22 décembre 2021, donne quant à elle lieu à l'insertion des textes concernés dans la nouvelle édition du Code de procédure pénale. De son côté, LexisNexis annonce pour novembre un Code civil chinois trilingue chinois/français/anglais.
Sur le segment plus traditionnel des codes napoléoniens qui paraissent au début de l'été, le cru 2022 est marqué par une augmentation des tarifs chez Dalloz. Le leader du marché augmente de deux euros le prix des cinq codes. Le Code civil dans sa version étudiante sera ainsi proposé à 22 euros. « Les codes napoléoniens sont des ouvrages à forte pagination et à gros tirage, rappelle Éric Chevrier. Le prix du Code civil n'avait pas bougé depuis dix ans et la hausse de cette année est loin de compenser les augmentations que nous subissons. » De son côté, LexisNexis indique conserver ses prix de lancement (19,90 euros pour le Code civil, 34,90 euros pour les quatre autres) et maintenir à 40 euros à partir du 1er janvier 2023 le prix du Code civil. En revanche, les autres codes napoléoniens verront leur tarif augmenter légèrement. L'éditeur renouvelle comme d'habitude son opération de couvertures fantaisie avec de nouvelles jaquettes illustrées en lieu et place de la traditionnelle couverture bleue.
