On ne présente plus le prix du Quai des Orfèvres, fondé en 1946, qui récompense un manuscrit en l'éditant chez Fayard. Un prix ouvert à tous, filtré par un jury composé d'officiers de police et d'experts du milieu de la justice, « pour garantir au lecteur de se trouver face à une procédure crédible », nous explique Jean-François Dauven, directeur littéraire « tout terrain » chez Fayard, que vient de rejoindre Margaux Russo, dont on sait le goût pour le polar depuis qu'elle a découvert naguère Olivier Norek pour les éditions Michel Lafon.
Des fictions récompensées qui font, chaque année, carton plein, en « grande synergie avec la PJ », et « très suivi par la presse », nous précise-t-on dans la maison. « Jacques Expert a appelé notre prix "le Goncourt du roman policier" », s'amuse l'éditeur, qui déclare des « chiffres de vente autour de 150 000 exemplaires... les mauvaises années ! ». Jean-François Pasques aurait atteint les 230 000 exemplaires vendus avec son roman Fils de personne primé en 2023, Christophe Gavat, lauréat 2021 avec Cap Canaille, flirterait aujourd'hui avec les 200 000 exemplaires. Olivier Tournut, lauréat 2025 avec Post Mortem, arrive déjà en 12e position des ventes par auteur.
Soutenir le deuxième livre
Problème : au-delà des polars primés, édités avec un beau bandeau rouge « Prix Quai des Orfèvres », vendus en grand format pour seulement 10 euros, la plupart du temps, le deuxième livre de ces auteurs fait pschitt.
D'où l'idée de lancer une collection des « lauréats du prix Quai des Orfèvres ». « Non pas pour atteindre les mêmes scores, mais pour capitaliser sur les précédents succès », explique Margaux Russo. L'idée est de faire émerger durablement un nom associé au prix, sans le prix. Ainsi les plus vendeurs, Christophe Gavat et Jean-François Pasques, ouvrent-ils le bal en avril avec respectivement Héritage et L'avocat du diable. Cette fois, plus de bandeau rouge, mais un macaron estampillé sur la couverture, comme un label, pour des livres vendus à un tarif à peine plus élevé que celui des ouvrages primés, soit 15 euros.
En face, un autre prix pour manuscrit, le Prix des détectives, nouveau nom du Grand Prix des enquêteurs, lancé il y a cinq ans par Glenn Tavennec, aujourd'hui à la tête du label Verso chez Seuil. Partenaire historique, Le Figaro Magazine demeure la chambre d'écho médiatique de ce prix pour lequel 300 manuscrits anonymes sont en lice. Là encore, la parole est donnée à un prestigieux jury composé de 12 experts : légistes, magistrats, pénalistes et ex de la PJ, sous la houlette de l'ancien chef d'état-major de la brigade criminelle, Patrick Baudot. Et l'ouvrage primé s'annonce lui aussi à un tarif propre à appâter les curieux : 14,9 euros.