Lancée en 2025 sous l’impulsion d’Olivier Philipponnat, la collection « Le Domaine » confirme son ambition : faire du domaine public un territoire éditorial vivant, en constante expansion. En avril 2026, deux nouveautés sont à paraître : Voici Landru !, chroniques judiciaires et faits divers de Colette, préfacé par Frédéric Maget et Les Plus Forts, roman de Georges Clemenceau avec une préface de Jean-Noël Jeanneney.
Textes oubliés, inédits ou inattendus
Pensée comme une « terre d’aventure », la collection s’attache à exhumer des textes oubliés, inédits ou inattendus, redonnant ainsi chair à une littérature que l’histoire éditoriale avait parfois reléguée dans l’ombre.
Depuis ses débuts, « Le Domaine » s’est distingué en privilégiant des œuvres tombées dans le patrimoine, mais encore peu accessibles. L’objectif est clair : proposer une autre porte d’entrée dans l’histoire littéraire, à travers des textes rares ou méconnus.
Les premières parutions, en mai 2025, ont donné le ton, notamment avec Éloge du livre de Stefan Zweig, qui demeure à ce jour le meilleur succès de la collection. Comme le dit la maison, l’un des textes « les plus méconnus » de l’auteur est une méditation sur les pouvoirs de la lecture. Ce recueil rassemble une série de textes consacrés à la lecture et à la littérature. Il est suivi d’une dizaine d’autres textes sur la littérature et sur les écrivains dont certains inédits : la préface au Dernier Homme d’Andreas Latzko (1920), des portraits de Franz Hellens (1923) ou de Sigmund Freud (1926 et 1936), un éloge de Bernard Grasset écrivain (1930), une préface à La Chaise électrique, roman de Chalom Asch (1931)… En septembre dernier, la collection a aussi publié La Troisième Violette de Stephen Crane, « auteur cultissime aux USA, mais peu traduit en France, ce qui était pour moi incompréhensible », souligne Olivier Philipponnat.
Deux nouvelles parutions inédites
Cette année, la collection confirme son cap avec deux ouvrages qui paraîtront le 2 avril. D’une part, Les Plus Forts, unique roman de Georges Clemenceau, jusque-là introuvable depuis plus d’un siècle. Ce texte engagé, à la tonalité satirique et pessimiste, a été qualifié de « manifeste du darwinisme social » par Jacques Julliard. Préfacé par Jean-Noël Jeanneney, il se distingue autant par sa réflexion politique que par son énergie romanesque. L’ouvrage possède en outre une histoire singulière : il fut adapté par Raoul Walsh sous le titre The Strongest et interdit de projection par l’ancien chef de cabinet du Tigre en 1923, un film aujourd’hui considéré comme perdu.
D’autre part, la collection publie un ensemble de chroniques judiciaires inédites de Colette. Loin de simples comptes rendus, ces « papiers » offrent un regard littéraire sur les audiences, explorant la psychologie criminelle et la théâtralité du tribunal. L’édition restitue 37 textes dans leur version originale et est préfacée et annotée par Frédéric Maget, directeur de la Maison de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye et président d’honneur de la Société des amis de Colette.
