Le débat fait rage dans l’édition, mais la question n'est encore que peu posée aux lecteurs. Le consultant David Walter (Book Insights), ancien responsable du panéliste américain Circana, a interrogé 5 025 Américains ayant acheté un livre au cours des trois derniers mois, dont 342 adolescents de 13 à 17 ans et a publié cette semaine des premiers enseignements liminaires de cette étude de consommation à paraître en novembre.
Selon le document, 85 % des Américains estiment qu’un livre doit signaler le recours à l’IA, dont 59 % « dans tous les cas » et 26 % seulement si elle a joué un rôle majeur. Un répondant sur dix juge que cela n’a pas d’importance tandis que 5 % ne se prononcent pas.
Diversités des positions sur l'IA elle-même
Cette exigence contraste avec la diversité des positions sur l’IA elle-même. 22 % des acheteurs se disent à l’aise avec son usage à tous les stades (idée, écriture, recherche, relecture), tandis que 28 % ne le sont pas du tout. Entre les deux, 24 % acceptent l’IA comme assistante d’un auteur humain, mais pas pour générer du contenu original, et 21 % uniquement pour des usages minimes comme la correction orthographique.
Le clivage générationnel est net avec 36 % des adolescents qui acceptent l’IA à tous les stades de la création, contre 11 % des 55 ans et plus, dont 37 % la rejettent totalement (14 % chez les ados). Pourtant, selon David Walter, la demande de signalement varie peu d’une tranche d’âge à l’autre. Les plus jeunes sont simplement plus nombreux à ne la réclamer que si l’IA a joué un rôle majeur. « Être détendu face au contenu généré par l’IA et vouloir qu’il soit signalé ne sont pas la même chose », résume-t-il.
À différent format de lecture, différent point de vue
Les écarts selon le profil d’acheteur sont plus modestes. Gros et petits acheteurs ne réagissent pas de façon significativement différente. Le format de lecture joue en revanche : les acheteurs exclusivement papier sont 8 points plus nombreux que ne le laisseraient attendre leur âge et leur sexe à se dire « pas du tout à l’aise », quand les acheteurs exclusivement audio le sont 6 points de moins, signe d’une plus grande ouverture.
L'étude, produite par le nouvel organisme Book Insights, fondé par David Walter, doit paraître dans son entièreté et être vendue aux intéressés. Les premiers éléments publiés ne mesurent pas ce que feraient les acheteurs face à un livre étiqueté « IA » (renoncer, acheter moins cher ou indifférence). Les 18-64 ans sont pondérés selon le profil des acheteurs américains, mais les adolescents et les plus de 65 ans sont pris à leur taille d’échantillon. Les données sont intérimaires, mais « représentent plus de 97 % des réponses finales » de cette étude ne couvrant que le marché États-uniens, selon David Walter, qui exclut tout bouleversement des tendances.
De nouvelles questions sur l’IA pourraient être ajoutées lors des prochaines vagues, prévues début 2027.
