E.J. Swift est la lauréate de la 40e édition du prix Arthur C. Clarke pour When There Are Wolves Again, publié par Arcadia en Grande-Bretagne. Le titre français, Quand les loups reviendront, a paru le 10 juin chez Bragelonne dans une traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) par Alix Dewez. L'ouvrage s'est à ce jour écoulé à près de 1 000 exemplaires selon les données NielsenIQ BookData de la base Electre.
Pour cette édition anniversaire, l’autrice reçoit un trophée prenant la forme d’un serre-livres gravé ainsi qu’une dotation de 2 026 livres sterling, selon une tradition qui voit le montant du prix augmenter chaque année en fonction de l’année de remise, en mémoire de Sir Arthur C. Clarke.
When There Are Wolves Again est un roman de science-fiction d’anticipation consacré aux bouleversements environnementaux et aux possibilités de reconstruction d’un monde confronté au changement climatique. Le livre a été choisi parmi six finalistes, dans une année record pour le prix avec 132 ouvrages reçus, issus de 52 éditeurs britanniques et auteurs indépendants éligibles.
Antoine Béon, directeur général des éditions Bragelonne, a déclaré sur LinkedIn espérer que ce livre invite « à penser les notions de restauration de la nature et de réensauvagement, afin que la science-fiction reste de la SF ».
Un prix de science-fiction britannique
L’Arthur C. Clarke Award distingue chaque année le meilleur roman de science-fiction publié pour la première fois au Royaume-Uni au cours de l’année précédente. Le jury est constitué chaque année de membres désignés par les organisations partenaires du prix.
Pour cette 40e édition, le président du jury, Andrew M. Butler, souligne : « Pour notre année anniversaire, les jurés ont choisi When There Are Wolves Again, un roman de proche avenir consacré au changement environnemental et à la possibilité d’une reconstruction. » Selon lui, les 40 années d’existence du prix ont permis de mettre en lumière la diversité et la vitalité de la science-fiction contemporaine.
Le directeur du prix, Tom Hunter, décrit de son côté le roman d’E.J. Swift comme « une étude ambitieuse du pouvoir de l’espoir à long terme face à l’effondrement climatique ». Il rappelle que la science-fiction la plus forte n’a pas nécessairement pour vocation de prédire l’avenir, mais peut montrer « qu’aucun futur n’est inévitable ».
Un jury composé d’organisations de science-fiction
Le jury 2026 réunissait des représentants des trois organisations qui soutiennent actuellement l’Arthur C. Clarke Award. Eliza Claudia Filimon et Antony Jones représentaient la British Science Fiction Association (BSFA), Tiffani Angus et John Coxon la Science Fiction Foundation (SFF), tandis qu’Esther MacCallum-Stewart siégeait pour le festival de cinéma SCI-FI-LONDON. Andrew M. Butler représentait pour sa part les directeurs de l’Arthur C. Clarke Award en qualité de président du jury, sans prendre part au vote.
La sélection finale réunissait Dungeon Crawler Carl de Matt Dinniman (Lorestone), The Dream Hotel de Laila Lalami (Panthon Books), Luminous de Silvia Park (Oneworld publication), La division antimémétique n'existe pas de qntm (J’ai Lu) et The Salt Oracle de Lorraine Wilson (Solaris), aux côtés du roman lauréat.
E.J. Swift, une autrice engagée
Autrice londonienne prolifique, E.J. Swift se présente sur son site comme une écrivaine de fiction spéculative primée et une amoureuse de la nature. Son œuvre s’intéresse de près à l’écologie et aux conséquences du dérèglement climatique, notamment à travers la trilogie The Osiris Project et The Coral Bones, qui a été finaliste du prix du meilleur roman de la British Science Fiction Association, de l’Arthur C. Clarke Award et du Kitschies’ Red Tentacle.
Ses nouvelles ont également été nommées aux prix de la nouvelle du Sunday Times et de la BSFA. Parmi ses inspirations figurent notamment Margaret Atwood et Kim Stanley Robinson.
40 ans au service de la science-fiction
Créé à l’initiative de Sir Arthur C. Clarke, le prix a été fondé grâce à une dotation de l’écrivain avec l’objectif de promouvoir la science-fiction au Royaume-Uni. Il est aujourd’hui administré par la Serendip Foundation, organisation bénévole chargée d’assurer la pérennité et le développement de la récompense.
Cette 40e édition revêt une importance particulière pour ses organisateurs. Après la disparition de Sir Arthur C. Clarke, le prix avait été confronté à la possibilité de disparaître après ses 25 ans. « Je suis ravi que nous ayons pu assurer la continuité du prix jusqu’à son 40e anniversaire », explique Tom Hunter, qui annonce déjà que ses responsables préparent les célébrations du 50e anniversaire, en 2036.
When There Are Wolves Again succède à plusieurs auteurs ayant illustré, ces dernières années, l’ouverture du prix à des formes et des thématiques très diverses de la science-fiction, comme Mademoiselle Robot de Sierra Greer (Gallimard), en 2025, Ascension de Martin MacInnes (Actes Sud) en 2024 et Poisson Poisson de Ned Beaumont (Albin Michel) en 2023.