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Décès d'Andrea Camilleri, père du polar italien et du commissaire Montalbano

Andrea Camilleri, écrivain, père du polar italien

Décès d'Andrea Camilleri, père du polar italien et du commissaire Montalbano

L’écrivain sicilien Andrea Camilleri, créateur du commissaire Montalbano, est décédé mercredi 17 juillet à l’âge de 93 ans.
 

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Par Alexiane Guchereau
Créé le 17.07.2019 à 18h13

Le romancier et "père" du commissaire Montalbano, Andrea Camilleri, est décédé le 17 juillet à l’âge de 93 ans, a annoncé l’hôpital romain où il était hospitalisé depuis le mois de juin. Il souffrait de cécité depuis quelques années, écrivant en dictant ses phrases à son assistante.
 
Né le 6 septembre 1925 à Porto Empedocle, metteur en scène de théâtre (il a été le premier à monter Samuel Beckett en italien), enseignant en art dramatique, et scénariste (il a notamment adapté un Maigret de Georges Simenon pour la Rai), l’auteur s’était fait connaître tardivement comme écrivain, même s'il écrivait depuis sa jeunesse, pour des revues et des journaux, comme il s'essayait aux nouvelles et à la poésie.

Après quelques romans entre les années1960 et 1990, il publie en 1994, à l’âge de 68 ans, La Forme de l’eau, premier tome des aventures du commissaire Montalbano, personnage qui fera de lui un phénomène en Italie puis dans le monde. Publié en France en 1998 chez Fleuve Noir,  le livre lui avait valu le prix Mystère de la critique en 1999.

Récompensé en 2000 du Grand Prix 2000 des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris pour Chien de faïence, réedité chez Pocket en 2004, il a également reçu le prix Federico Fellini pour l'excellence artistique en 2014. Il est aussi docteur honoris causa d'une dizaine d'universités.
 
Le dialecte sicilien réhabilité
 
Au début des années 2000, avec déjà 16 livres dont 7 aventures du commissaire Montalbano, vendues à un million d’exemplaires en France, l’auteur sicilien est devenu un phénomène des ventes en Italie comme en France. Le commissaire Montalbano aura le droit à deux séries, l'une qui continue toujours depuis 13 saisons, avec Luca Zingaretti dans le rôle titre, et l'autres, Montabano, les premières enquêtes qui a, pour l'instant, deux saisons à son actif, avec Michele Riondino dans le rôle principal.
 
Profondément attaché à sa Sicile natale, le romancier a situé les enquêtes de son commissaire à Vigata, un village imaginaire de Sicile et a réhabilité le dialecte sicilien, ce que son traducteur Serge Quadruppani a désigné comme étant de "l’italo-sicilien, un italien fortement marqué par la syntaxe" dans un avant portrait de l’auteur publié Livres Hebdo daté du 2 juin 2000.
 
"A la maison, nous avions toujours parlé d’un dialecte constamment enrichi d’italien et la distinction établie par Pirandello me convenait parfaitement ; la langue italienne exprime le concept et le dialecte exprime le sentiment " a expliqué l’auteur dans ce même article.

Une œuvre impressionnante en moins de 25 ans

Admirateur de Molière, Gide, Simenon, Joyce, Faulkner, Mallarmé ou encore Lautréamont, il est devenu un écrivain prolifique, publiant parfois trois, quatre, cinq livres la même année. Fleuve noir a édité 27 enquêtes de Montabano (dont la dernière est La Pyramide de boue, en mai). 8 autres livres avec le policier sont inédits en France.

Il a également été édité chez Métailié (L'Opéra de Vigàta, La disparition de judas, Le tailleur gris, Intermittence, Ne me touche pas...), Mille et une nuits (Le jeu de la mouche), Flammarion (une biographie sur Pirandello) et surtout Fayard, qui a publié la plupart de ses romans et essais (La concession du téléphone, La saison de la chasse, Un filet de fumée, Le cours de choses, Privé de titre, Le garde-barrière, La révolution de la lune sur Elénore de Moura, La couleur du soleil sur Caravage...). Une partie de son œuvre reste non traduite en France, dont le récent Ora dimm di te. Lettera a Matilda (Bompiani, 2018), où il explique pourquoi, lui qui est de gauche, a été fasciste sous Mussolini.

Entre polars plein d'humour et romans historiques, il a toujours brouillé les pistes et s'amusait sans cesse à jouer avec les genres. Mentor de toute une génération d'auteurs, il a codifié le polar italien (le "giallo") tout en dénonçant constamment les idéologies et les systèmes corrompus.
 

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