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Bilan Fnac Darty 2025 : le livre en léger recul

Enrique Martinez, président directeur général du groupe Fnac Darty - Photo Olivier Dion

Bilan Fnac Darty 2025 : le livre en léger recul

Handicapé par les pertes de Nature et Découvertes et des dépréciations comptables, Fnac Darty a basculé dans le rouge en 2025, malgré un chiffre d’affaires en forte hausse grâce à l’intégration d’Unieuro. Dans un contexte de consommation morose en France et sur fond d’OPA lancée par Daniel Kretinsky, le groupe confirme toutefois ses ambitions à l'horizon 2030.

Par Louise Ageorges
avec AFP Créé le 26.02.2026 à 16h40

Le groupe Fnac Darty, dont l'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky veut prendre le contrôle majoritaire via une offre publique d'achat (OPA), est tombé dans le rouge en 2025, pénalisé notamment par les pertes de Nature et Découvertes, qu'il cherche à vendre.

Le spécialiste du matériel électroménager, électronique et des produits culturels a enregistré une perte de 146 millions d'euros, qui s'explique aussi par des dépréciations comptables, essentiellement en Belgique, selon un communiqué publié mercredi 25 février. En 2024, il avait dégagé un bénéfice net de 26 millions d'euros. Et son chiffre d'affaires a grimpé de 25 % à 10,3 milliards d'euros du fait de l'intégration de l'italien Unieuro, racheté fin 2024.

Hors effets de change et à nombre de magasins comparable, les ventes sont en revanche quasiment stables (+0,7%), dans un « contexte de consommation difficile en France », a indiqué le DG du groupe Enrique Martinez, cité dans le communiqué. Fnac Darty, dont l'activité est traditionnellement plus forte au second semestre, a enregistré une performance « décevante » en décembre dans l'Hexagone, avec des ventes en recul de 0,6 % au quatrième trimestre sur un an, en données comparables. La France représente 60 % du chiffre d'affaires du groupe.

Le livre en léger recul

Le bilan 2025 de Fnac Darty souligne que « le livre est en léger recul dans un marché sans nouveautés particulières », traduisant une année marquée par l’absence de grands phénomènes éditoriaux capables de dynamiser fortement les ventes. Cette observation s’inscrit dans un contexte plus large de contraction du marché français du livre : en 2025, 307 millions d’exemplaires physiques neufs ont été vendus en France (-2,5 % en volume) pour un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros (-1,5 %), selon NielsenIQ BookData. Si le numérique progresse (+4 % en valeur, à 137 millions d’euros), il ne compense que partiellement la baisse globale.

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Ce recul intervient dans un climat économique tendu, où 80 % des Français se déclarent préoccupés par l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, entraînant une diminution des achats culturels (un livre par an, et 4 euros de budget en moins par an en moyenne). À titre de comparaison, la performance de Lagardère Publishing (dénomination boursière de Hachette Livre) apparaît relativement solide : avec plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, le groupe parvient à surperformer sur des marchés en léger recul en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis. 

Le groupe bascule dans le rouge

« On avait bien réussi le mois de novembre avec » les opérations promotionnelles comme le Black Friday, mais les consommateurs se sont montrés plus prudents pendant les fêtes, a expliqué à l'AFP Enrique Martinez. À l'inverse, les ventes ont progressé (+1%) au quatrième trimestre dans « le reste de l'Europe », tirées par le Portugal et l'Espagne. La perte nette en 2025 tient compte des activités abandonnées, comme Nature et Découvertes, enseigne de bien-être en difficulté dont le groupe a annoncé vouloir se séparer le mois dernier.

Également à l'origine de la perte nette : des dépréciations comptables, essentiellement en Belgique, a précisé le groupe à l'AFP. En excluant activités abandonnées et éléments comptables, le groupe revendique un bénéfice net « ajusté » de 28 millions d'euros en 2025. En outre, le directeur général de Fnac Darty anticipe la progression de « deux indicateurs clé », le taux de marge opérationnelle courante et le flux de trésorerie opérationnel.

Le groupe confirme par ailleurs les objectifs de son plan stratégique à horizon 2030, misant sur le développement des services, notamment via les contrats d'entretien et de réparation tels que Darty Max. Il vise ainsi 4 millions d'abonnés « tous services confondus », contre 2,4 millions à fin 2025. Le projet d'OPA de Daniel Kretinsky, annoncé en janvier, doit permettre au milliardaire tchèque de prendre le contrôle majoritaire du groupe français, dont il est déjà le principal actionnaire, à hauteur de 28,5 %, et sur lequel planait l'ombre d'un actionnaire indirect chinois ces derniers mois.

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Le distributeur allemand Ceconomy, deuxième actionnaire du groupe, est en effet en cours de rachat par le géant chinois de l'e-commerce JD.com. La société EP Group, contrôlée par M. Kretinsky, propose un prix de 36 euros par action, valorisant Fnac Darty à plus d'un milliard d'euros. Mercredi, l'action de Fnac Darty a terminé en faible baisse, à 35,35 euros. Issu de la fusion en 2016 des librairies Fnac et du distributeur de produits électroniques et électroménagers Darty, le groupe est présent dans 14 pays à travers plus de 1 500 magasins.

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