Panama Papers

Arni Thorarinsson: "L'Islande est sous la coupe des amateurs et des corrompus"

Arni Thorarisson en 2015 - Photo Wikicommons CC-BY-SA-4.0

Arni Thorarinsson: "L'Islande est sous la coupe des amateurs et des corrompus"

Pour l'écrivain islandais, l'onde de choc soulevée dans son pays par les "Panama papers" appelle un "retour aux valeurs de la bonne, vieille Islande". 

Par Pierre Georges
avec AFP Créé le 11.04.2016 à 19h53

Dans un entretien qu'il a accordé à l'AFP, l'écrivain islandais Arni Thorarinsson évoque l'instabilité politique et la colère dans les rues islandaises depuis la publication des "Panama papers", révélations du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) qui ont poussé le Premier ministre à la démission. Pour l'auteur du Crime, Histoire d'amour (Métailié et Points) et de L'ombre des chats (Métailié), l'onde de choc soulevée dans son pays par les "Panama papers" appelle un "retour aux valeurs de la bonne, vieille Islande" mise sous "la coupe des amateurs et des corrompus".

"La situation politique et sociale est un héritage du krach économique de 2008. On espérait et attendait un changement, une nouvelle Constitution, un nouveau sens de l'éthique politique et une société plus juste. Ça ne s'est pas produit", déplore Arni Thorarinsson.

"Le même establishment politique" gouverne de façon toujours aussi "irresponsable". "Et malgré le redressement économique, la coupe est pleine", analyse l'ancien journaliste.

La corruption et la bêtise

L'Islande, c'est une micro-nation de 320 000 habitants plongés la moitié de l'année dans la nuit et le froid arctiques, où la consommation d'antidépresseurs est l'une des plus élevées d'Occident, et qui voit sa jeunesse s'exiler. "Il y a 25 ans, nous vivions dans une société imparfaite mais humaine. Et puis, à une vitesse folle, cette société a disparu au profit de la cupidité et de l'arrogance, de la corruption et de la bêtise", avance Thorarinsson.

"Les jeunes ne croient plus aux structures de la société et aux possibilités de vivre une vie heureuse, décente. Mais nous avons besoin de revenir aux valeurs de notre bonne, vieille Islande, en nous aidant justement des espoirs et des aspirations des jeunes."

Dès qu'il le peut, Thorarinsson se joint aux foules rageuses qui manifestent quasi quotidiennement devant le Parlement à Reykjavik depuis que le Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson a été convaincu d'avoir possédé un compte dans un paradis fiscal. Si Gunnlaugsson a démissionné la semaine dernière, deux ministres cités dans les "Panama papers" ont été confirmés dans leurs fonctions.

Thorarinsson est publié en France par Métailié, le même éditeur qu'Arnaldur Indridason, chef de file d'une génération d'écrivains islandais qui ont ouvert une fenêtre sur une réalité moins flatteuse de leur pays que celle de ses habitants accueillants et ses paysages grandioses. Sur fond de blues et de rock, son œuvre est peuplée d'alcooliques (Le temps de la sorcière), de suicidés (L'ombre des chats), de laissés-pour-compte (Le dresseur d'insecte) et de financiers indélicats (L'ange du matin).

Les dernières
actualités