Volare, haut, haut. Né belge et naturalisé français (à 70 ans, en 2017), comédien, metteur en scène, dramaturge, critique photo, Patrick Roegiers est avant tout un écrivain atypique, prolifique et polymorphe, érudit et talentueux. Ce petit livre en est la preuve renouvelée.
Roegiers y revisite le mythe grec antique d'Icare, entraîné par son père Dédale, l'architecte du labyrinthe du palais du roi Minos à Cnossos en Crète, dans une aventure aussi folle que périlleuse : voler. Surtout avec un équipement aussi rudimentaire que des ailes d'aigle collées avec de la cire. Aussi n'avait-il pas prévu que le fiston s'approcherait si près du soleil.
La légende, symbole de l'hubris humaine, a inspiré nombre de créateurs, et non des moindres, à travers les siècles. L'un d'entre eux, Pieter -Brueghel, avec son tableau La chute d'Icare, retient particulièrement l'attention de Roegiers, qui rembobine à travers lui toute l'histoire et convoque à ses côtés un incroyable panthéon d'artistes, d'écrivains et de chanteurs, de Flaubert à Nicoletta en passant par Primo Levi et tant d'autres, jusqu'à Soulages. -Roegiers trace un éblouissant parallèle entre les œuvres du maître de l'outrenoir et La parabole des aveugles de Brueghel.
C'est érudit, brillant, iconoclaste, parfois même un peu cuistre. Roegiers passe de l'essai esthétique au poème libre pour décrire la chute finale du malheureux pionnier du vol à voile, qui, tandis que son père se baladait en Italie, s'est abîmé dans la mer qui prendra son nom, l'Icarienne.
Icare ou L'insoumission
Grasset
Tirage: 4 000 ex.
Prix: 19 € ; 180 p.
ISBN: 9782246844365
