Ouverte depuis le 5 mai 2026 à Audruicq, la librairie jeunesse Ônirique entend faire découvrir une autre approche de la littérature jeunesse, tout en accordant une place importante aux jeux de société. Installée dans un local d’environ 60 m2, elle propose dès son ouverture près de 1 200 références.
Son fondateur, Marik Flament, raconte être devenu père en 2017, une expérience qui l’a progressivement conduit vers la littérature jeunesse puis les jeux de société pour enfants et familles, avec l’envie de « s’éloigner un peu des grands classiques que l’on retrouve assez facilement partout » afin de « dénicher d’autres “pépites” ou “coups de cœur” moins connus ».
Habitué à écrire dans un cadre privé autour des souvenirs liés à la parentalité, il s’est ensuite lancé dans l’écriture jeunesse avec Les Pensées d’Aëlys, avant de publier cette année Un jour, le bonheur est parti aux Éditions Jouvence. « Ouvrir une librairie jeunesse s’est inscrit dans la continuité », explique-t-il. Associer les livres aux jeux de société était « une évidence » : deux univers qui, selon lui, permettent de partager des moments précieux en famille.
Répondre à des besoins locaux
À Audruicq, « la première librairie se trouve à une vingtaine de minutes de trajet en voiture » précise-t-il, tout comme les boutiques spécialisées en jeux de société. Dans cette commune qu’il décrit comme « dynamique sur le plan culturel et commercial », il souhaitait créer un lieu de proximité dédié à l’enfance et aux familles. Au-delà du commerce, Ônirique veut « faire découvrir aux parents toute la richesse de la littérature jeunesse » ainsi que « toute l’offre actuelle en jeux de société enfants/famille ».
Sans revendiquer un discours militant, le fondateur voit aussi le projet comme « une alternative aux écrans dont on sait aujourd’hui les impacts négatifs ». La lecture, le jeu de société en famille constituent, selon lui, d’autres manières de vivre des moments ensemble. Il souhaitait ainsi participer à « offrir une mise en avant » de ces pratiques.
Un espace « cocon »
Le fondateur veut proposer « un véritable lieu “cocon” où il est possible de partager un moment de lecture, de jeu, faire des rencontres ». Des démonstrations de jeux, des animations lecture, des ateliers artistiques ou encore des rencontres doivent progressivement y être organisés.
Un espace « cocon » dans la librairie Ônirique - Photo LIBRAIRIE ÔNIRIQUEPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Mettre en avant des ouvrages moins visibles
Côté ligne éditoriale, la librairie mettra en avant des maisons d’édition indépendantes et des ouvrages moins visibles : « des auteurs coups de cœur, mettre à disposition une offre que l’on ne retrouve pas forcément partout ailleurs », explique le libraire. Son fondateur ne souhaitait pas « ouvrir une librairie généraliste pour proposer ce qu’il est facile de trouver ailleurs ou en quelques clics ». Parmi les auteurs qui incarnent le mieux l’esprit de la librairie, il cite spontanément Kobi Yamada, dont les ouvrages occupent une place importante dans les rayons. Il évoque également son attachement aux illustrations de Ian De Haes, Julien Arnal ou encore Lucie Dessertine.
Le terme Ônirique fait écho à une littérature jeunesse que le libraire décrit comme « poétique, sensible », qui « accorde une place importante à l’enfant et qui ne le sous-estime pas dans son approche ». Il se dit également très attaché au travail des illustrateurs, partie intégrante de l’expérience proposée dans la librairie.
La section manga, par exemple, reste volontairement réduite et orientée vers des œuvres poétiques comme celles de la collection « Le Renard Doré ». « Le critère de sélection s’applique aussi aux livres d’éveil, aux albums, aux BD et romans jeunesse », précise-t-il.
Un pari risqué
Conscient des difficultés économiques que rencontrent les librairies indépendantes, Marik Flament reconnaît qu’ouvrir un tel commerce aujourd’hui « est effectivement un pari, risqué ». Il affirme néanmoins que : « les convictions autour de la littérature jeunesse, de cette nécessité de proposer aux enfants cette littérature et les jeux de société, sont aujourd’hui plus fortes que le risque à prendre ». Pour les premiers mois d’ouverture, son souhait reste simple : « Que les enfants et leurs parents s’approprient le lieu. Qu’ils y viennent pour découvrir de nouvelles choses, et qu’ils reviennent parce qu’ils ont aimé leur(s) découverte(s). »

