Livres Hebdo : Vous servez plus de 30 000 bibliothèques dans le monde. De quelle façon cette présence internationale nourrit-elle votre vision du marché ?
Chadid Houssa, responsable marketing : Être présents partout dans le monde nous donne une vision très large des besoins des bibliothèques. Surtout, les solutions que nous développons pour y répondre profitent à tous. Un produit conçu pour une bibliothèque japonaise peut très vite être adopté au Brésil, par exemple. Cela nous permet aussi d’anticiper certaines tendances, souvent venues des pays nordiques, en avance sur certains sujets.
Vous déployez par exemple Open + qui permet d’étendre les horaires d’ouverture. Quels bénéfices les bibliothèques en tirent-elles ?
Ce système permet d’ouvrir au-delà des horaires classiques, sans augmenter les effectifs. Les usagers gagnent en flexibilité, notamment pour le retrait des documents. Partout où Open + est installé, la fréquentation progresse. D’ailleurs, des réseaux comme Bruxelles ou Val Parisis, qui avaient commencé avec un site test, étendent maintenant le dispositif à d’autres établissements. En France, une douzaine de bibliothèques sont équipées, et plusieurs projets sont en cours de déploiement.
En tant que groupe international, comment s’organise votre politique de R&D ?
Nous y consacrons une part importante de notre chiffre d’affaires. Les bibliothèques font face à des enjeux très concrets : élargir les horaires, fluidifier les parcours usagers, compenser des contraintes de ressources humaines. Notre rôle est de transformer ces besoins en solutions. Cela passe notamment par le développement de services favorisant l’autonomie des usagers et libérant du temps pour les bibliothécaires, mais aussi par une meilleure exploitation des données.
Comment intégrez-vous l’IA à votre offre ?
Nous avons commencé par une application, libraryConnect Link™, avec un assistant qui permet de simplifier l’accès à l’information et d’aider les équipes à piloter leur activité. Les bibliothécaires peuvent interroger leurs données en langage naturel, ce qui simplifie beaucoup leur exploitation.
Qu'en est-il de la robotique ?
Nos solutions répondent à des problématiques très pratiques de logistique. Des robots trient les documents rendus et déplacent les bacs de façon autonome, déchargeant les équipes de la manutention. Nous lançons aussi un robot d’inventaire, pour automatiser une tâche longue et peu valorisée.
L’automatisation suscite-t-elle des craintes pour l’emploi ?
Oui, on l’entend parfois. Mais en France, l’adoption massive de la RFID dans les bibliothèques n’a pas entraîné de suppressions d’emplois liées à cette transformation. Elle a surtout permis de faire évoluer les missions. Aujourd’hui, on demande aux bibliothèques de faire toujours plus avec des moyens qui restent souvent contraints. Dans ce contexte, l’automatisation est un levier d’adaptation. Parfois, ces solutions permettent même de maintenir un service. Et chez nos clients, personne ne souhaite revenir en arrière, même ceux qui étaient réticents au départ.