"Je n’ai jamais mis les pieds dans une bibliothèque. A Bruxelles, ce n’était pas quelque chose qui se faisait, je ne sais même pas où il y en a", poursuit-il, à l’image de son personnage qui préfère une bonne bataille contre les monstres, les fameux Blorks, dans ses jeux vidéo. "Ma bibliothèque idéale est un peu celle du Nom de la rose", assure Midam pour qui l’image d’Epinal de la bibliothèque demeure celle d’un monument "dépositaire de la mémoire du monde", telle l’antique bibliothèque d’Alexandrie, ou la British Library de Londres: "Je pense à ces bibliothèques où il y a des cache-poussière gris, un type aux grosses lunettes, où on lit des incunables avec les gants. Un mélange des univers de Spielberg et de Tolkien, et une ambiance feutrée avec seulement le bruit des feuilles."
Au désespoir de son père, Kid préfère la figurine du sergent dégueulis à un livre de philosophie- Photo MIDAM
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Une banque de 17000 gags
Face à la popularité du Kid, puis de l’attrait suscité par les gags muets du Petit Barbare de Game Over, Midam a lancé en 2008 le site Game Over Forever destiné à la collecte de scénarios pour sa série. "N’importe qui peut m’envoyer une idée. Ce qui fait que j’ai une banque inépuisable de gags, explique-t-il. C’est évidemment rarissime que l’idée fonctionne telle quelle, mais en la retravaillant ça marche. Et pour des raisons pratiques, on donne un forfait de 400€." En 10 ans, le site a collecté près de 17000 scénarios, dont certains sont parfois signés par des auteurs adolescents. "Ce a quoi je n’avais pas pensé mais qui marche: c’est le côté ambassadeur. Ça crée un mini-événement, et ça marche très bien", ajoute l’auteur qui vient de terminer la couverture du 17e tome de Game Over, intitulé Dark Web, à paraître en octobre 2018 chez Glénat. Pour lui, "le moins important, c’est que le gag soit signé Midam, le plus important, c’est qu’il soit drôle".

